Poèmes Khalil Gibran

Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /2009 10:30

Le livre des processions / Khalil Gibran

Ce livre est publié en 1919, Gibran ose une superbe forme poétique, en arabe. En vingt épisodes d’une musicalité prenante, le poète nous entraîne vers le berceau de la vie, la forêt, un espace entre ombre et lumières, où il chante l’amour et la grandeur de l’homme.


Chant 8

 

L’homme né libre,

De ses penchants se construit une prison,

Sans s’en rendre compte,

Il en devient prisonnier.

 

Et même libéré

Des liens de ses origines,

Il demeure qui habite ses pensées.

 

C’est un gagneur,

Mais dans son intransigeance,

Même en champion du droit,

Il agit parfois au mépris du droit.

 

C’est un esprit prompt,

Mais dans sa précipitation,

Même sur les sommets glorieux,

Subsiste en lui une certaine petitesse.

 

Dans les forêts,

Point d’hommes libres

Ni d’esclave abhorré.

 

Les honneurs y son puérilités

Et bulles flottantes.

 

Quand l’amandier répand ses fleurs

Sur la paille des friches,

 

Il ne dit pas d’elle : «  la misérable !

C’est moi le Seigneur généreux. »

 

Donne-moi le nay et chante !

Le chant est gloire originelle

 

La plainte du nay survit

À l’intrus et au puissant.

Explication du mot Nay : Flûte rustique arabe

 


 

Par Samia Nasr - Publié dans : Poèmes Khalil Gibran - Communauté : L'amour de Dieu
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Mardi 6 octobre 2009 2 06 /10 /2009 12:29

Chant 7

 

Le savoir d’homme est chemin

Dont seul le départ est clair,

Quand aux termes

Ils se nomment Destin et fatalité.

 

Le meilleur du savoir

Est dans le rêve

Que tu arrives à saisir et emporter,

À travers l’ironie des enfants du sommeil.

 

Si tu le vois,

Ce frère du rêve,

Isolé de son peuple,

Rejeté, méprisé,

 

C’est lui le prophète

Que le manteau de demain voile,

Aux yeux d’un peuple

Qui se drape encore des vêtements du passé.

 

C’est encore Lui

L’Étranger au monde et à ceux qui l’habitent,

Le Messager

Que les hommes blâment ou excusent,

 

C’est le Rigoureux,

Même s’il paraît doux.

C’est le Lointain,

Qu’on l’approche ou qu’on l’abandonne.

 

Dans les forêts,

Point de science,

Pas d’obscurantisme

Non plus.

 

Et quand les branches s’inclinent

Elles ne disent pas : «  Voici le Sublime. »

 

L’entier savoir des hommes

Est comme brouillard sur champs,

 

Que le soleil se lève à l’horizon,

Il disparaît.

 

Donne-moi le nay et chante !

Le chant est le meilleur des savoirs

 

Et la plainte du nay demeure

Après l’extinction des étoiles.

Explication du mot Nay : Flûte rustique arabe

 

Par Samia Nasr - Publié dans : Poèmes Khalil Gibran - Communauté : Île des Poètes Immortelles
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Samedi 3 octobre 2009 6 03 /10 /2009 22:53

Le livre des processions / Khalil Gibran

Ce livre est publié en 1919, Gibran ose une superbe forme poétique, en arabe. En vingt épisodes d’une musicalité prenante, le poète nous entraîne vers le berceau de la vie, la forêt, un espace entre ombre et lumières, où il chante l’amour et la grandeur de l’homme.


Chant 6

 

Le droit appartient à la volonté,

Et les esprits forts règnent,

Qu’ils viennent  à s’affaiblir,

Heurts et malheurs s’installent.

 

La tanière des lions

A l’odeur dont les renards

Jamais ne s’approchent,

Que les lions y soient ou pas.

 

Chez  les étourneaux il y a la lâcheté,

Même dans la plénitude de leurs vols,

Et les faucons restent fiers,

Même à l’agonie.

 

Que les hommes l’acceptent ou le nient,

La force de l’esprit est vérité

Que la force du bras ne peut nier,

 

Et si tu vois un jour un faible régner,

Ce sera sur ceux-là,

Qui, confrontés à leurs semblables,

Les fuient.

 

Dans les forêts

Point de volontaires,

Ni de faibles

Non plus,

 

Et quand les lions rugissent,

Les forêts ne disent pas : «  Voici l’épouvantable ! »

 

La volonté des hommes est ombre

Qui plane dans l’espace de la pensée,

 

Et les droits des hommes se fanent

Comme feuilles d’automne.

 

Donne-moi le nay et chante !

Le chant est force d’âme

 

Et la plainte du nay demeure

Après l’extinction des soleils.

Explication du mot Nay : Flûte rustique arabe


Par Samia Nasr - Publié dans : Poèmes Khalil Gibran - Communauté : La passion des fleurs
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Samedi 3 octobre 2009 6 03 /10 /2009 21:58

 

Le livre des processions / Khalil Gibran

Ce livre est publié en 1919, Gibran ose une superbe forme poétique, en arabe. En vingt épisodes d’une musicalité prenante, le poète nous entraîne vers le berceau de la vie, la forêt, un espace entre ombre et lumières, où il chante l’amour et la grandeur de l’homme.


Chant 5

 

Si les djinns savaient,

La justice sur terre les ferait pleurer,

Et rire les morts

S’ils voyaient.

 

Ainsi, pour les petits agresseurs,

Prison et mort,

Et pour les grands

Gloire, magnificence et enrichissement,

 

Le voleur de fleurs

Est vilipendé et méprisé,

Le voleur de terres

Est tenu pour intrépide et puissant.

 

Qui tue le corps

Est tué,

Qui tue l’esprit,

La justice humaine l’ignore.

 

Dans les forêts,

Point de justice,

Pas de châtiment

Non plus.

 

Et quand le saule projette son ombre sur la tere,

Le cyprès ne dit pas :

« C’est une hérésie contre le livre. »

 

La justice des hommes est neige

Qui fond aussitôt, sous le regard du soleil.

 

Donne-moi le nay et chante !

Le chant est justice pour les cœurs,

 

Et la plainte du nay demeure

Après l’extinction des fautes.

Explication du mot Nay : Flûte rustique arabe

 

Par Samia Nasr - Publié dans : Poèmes Khalil Gibran - Communauté : Île des Poètes Immortelles
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Mercredi 30 septembre 2009 3 30 /09 /2009 03:11

Le livre des processions / Khalil Gibran

Ce livre est publié en 1919, Gibran ose une superbe forme poétique, en arabe. En vingt épisodes d’une musicalité prenante, le poète nous entraîne vers le berceau de la vie, la forêt, un espace entre ombre et lumières, où il chante l’amour et la grandeur de l’homme.


Chant 4

 

La religion des hommes

Est champ que cultivent

Que ceux qui ensemencent

Dans le désir,

 

L’aspirant aux délices d’éternité

Accueille la Bonne Nouvelle

Tandis que l’insensé

Craint le feu qui flamboie,

 

Car les hommes, sans le châtiment du jugement dernier,

Nul dieu n’adoreraient,

 

Et sans la récompense convoitée,

Seraient tous renégats,

 

Comme si la religion

N’était qu’un de leurs commerces,

Où gagnent les persévérants

Et perdent les négligents.

 

Dans les forêts,

Point de religions,

Ni de laide impiété.

 

Quand le rossignol chante,

Il ne dit pas : « Voici la vérité. »

 

La religion des hommes ne s’est fixée sur terre

Après Taha et le Messie.

   

Donne-moi le nay et chante !

Le chant est la meilleure des prières

 

La plainte du nay demeure

Après l’anéantissement de la vie.

 

Explication du mot Taha : autre nom du prophète Mohammad

Nay : Flûte rustique arabe
 

 

Par Samia Nasr - Publié dans : Poèmes Khalil Gibran - Communauté : Île des Poètes Immortelles
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La passion des fleurs


La passion des fleurs

Créée le 21/05/09 par samiayann

L’île des fleurs

Sur l’île des fleurs,

Tout éveille nos sens,
Emplit nos têtes de couleurs,
Invitant nos corps à la danse,


Un oasis de fleurs,
De belles corolles épanouies,
Exhalant les senteurs,
Ravissant nos jours et nuits,

Soyez bienvenues mes amis
Dans l’île des belles déesses,
Soyez aimés et bénis
Par les lumineuses intelligences !
 


©Samia Nasr


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