Le
livre des processions / Khalil
Gibran
Chant 8
L’homme né libre,
De ses penchants se construit une prison,
Sans s’en rendre compte,
Il en devient prisonnier.
Et même libéré
Des liens de ses origines,
Il demeure qui habite ses pensées.
C’est un gagneur,
Mais dans son intransigeance,
Même en champion du droit,
Il agit parfois au mépris du droit.
C’est un esprit prompt,
Mais dans sa précipitation,
Même sur les sommets glorieux,
Subsiste en lui une certaine petitesse.
Dans les forêts,
Point d’hommes libres
Ni d’esclave abhorré.
Les honneurs y son puérilités
Et bulles flottantes.
Quand l’amandier répand ses fleurs
Sur la paille des friches,
Il ne dit pas d’elle : « la misérable !
C’est moi le Seigneur généreux. »
Donne-moi le nay et chante !
Le chant est gloire originelle
La plainte du nay survit
À l’intrus et au puissant.
Explication du mot Nay : Flûte rustique arabe
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