Textes philosophiques

Dimanche 12 avril 2009 7 12 /04 /2009 17:47
Extrait d’un texte philosophique de Jean-Jacques Rousseau : Du contrat social

 

 

L’homme est né libre, et partout il est dans les fers. Tel se croit le maître des autres, qui ne laisse pas d’être plus esclave qu’eux. Comment ce changement s’est-il fait ? Je l’ignore. Qu’est-ce qui peut le rendre légitime ? Je crois pouvoir résoudre cette question.

Si je ne considérais que la force, et l’effet qui en dérive, je dirais : tant qu’un Peuple est contraint d’obéir et qu’il obéit, il fait bien ; sitôt qu’il peut secouer le joug et qu’il le secoue, il fait encore mieux ; car, recouvrant sa liberté par le même droit qui la lui a ravie, ou il est fondé à la reprendre, ou l’on ne l’était point à la lui ôter. Mais l’ordre social est un droit sacré, qui sert de base à tous les autres. Cependant ce droit ne vient point de la nature ; il est donc fondé sur des conventions. Il s’agit de savoir quelles sont ces conventions. Avant d’en venir là, je dois établir ce que je viens d’avancer. »

 


 

Par Samia Nasr - Publié dans : Textes philosophiques - Communauté : Île des Poètes Immortelles
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Samedi 28 février 2009 6 28 /02 /2009 02:56

Textes philosophiques

Comparaison contrat social,  contrat naturel, Michel Serres

    "On dirait que le règne du droit naturel moderne commence en même temps que les révolutions scientifiques, techniques et industrielle, avec la maîtrise et la possession du monde. Nous avons imaginé pouvoir vivre et penser entre nous, pendant que les choses obéissantes dormaient, toutes écrasées sous notre emprise: l'histoire des hommes jouissait de soi dans un acosmisme de l'inerte et des autres vivants. On peut faire l'histoire de tout et tout se réduit à l'histoire.

     Les esclaves ne dorment jamais longtemps. Cet intervalle prend fin à ce jour, où la référence aux choses nous rappelle violemment. L'irresponsabilité ne dure que pendant l'enfance.

     Dans quel langage parlent les choses du monde pour que nous puissions nous entendre avec elles, par contrat? Mais après tout, le vieux contrat social, aussi, restait non dit et non écrit: nul n'en a jamais lu ni l'original ni même une copie. Certes, nous ignorons la langue du monde, ou nous ne connaissons d'elle que les diverses versions animistes, religieuses ou mathématiques. Quand fut inventée la physique, les philosophes allaient disant que la nature se cachait sous le code des nombres et les lettres de l'algèbre: ce mot de code venait du droit.

     En fait la Terre nous parle en termes de forces, de liens et d'interactions, et cela suffit à faire un contrat. Chacun des partenaires en symbiose doit donc, de droit, à l'autre la vie sous peine de mort".

Le Contrat naturel, Champ Flammarion


Par Samia Nasr - Publié dans : Textes philosophiques - Communauté : Philosophie de la non-violence
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Samedi 28 février 2009 6 28 /02 /2009 02:24

Textes philosophiques

L’écologie politique, Michel Serres

    "Immergé dans le contrat exclusivement social, l'homme politique, jusqu'à ce matin, le contresigne et récrit, le fait d'observer, uniquement expert en relation publique et science sociale; éloquent, même rhéteur, cultivé à la rigueur, connaissant les reins, les cœurs, et la dynamique des groupes, administrateur beaucoup, médiatique, il le faut bien, essentiellement juriste, lui-même produit du droit et produisant du droit: inutile de se faire physicien.

     Aucun de ses discours ne parlait du monde, s'entretenant indéfiniment des hommes. Une fois encore, la publicité, comme le veulent les règles de formation d'un tel mot, se définit comme l'essence du public: ainsi donc plus qu'aucun autre, le politique ne s'adonne à aucun discours ni geste sans plonger dans la publicité. Plus encore, l'histoire et la tradition récente lui enseignent que le droit naturel exprime que la nature humaine. Fermé dans le collectif social, il pouvait splendidement ignorer els choses du monde.

     Tout vient de changer. Désormais nous réputerons inexact le mot politique, parce qu'il ne se réfère qu'à la cité, aux espaces publicitaires, à l'organisation administrative des groupes. Or il ne connaît rien au monde, celui qui demeure dans la vielle, jadis appelé bourgeois. Désormais, le gouvernement doit sortir des sciences humaines, des rues et des murs de la cité, se faire physicien, émerger du contrat social, inventer un nouveau contrat naturel en redonnant au mot nature sons sens originel des conditions dans lesquelles nous naissons - ou devons demain renaître».

Le Contrat naturel, Champ Flammarion.

Par Samia Nasr - Publié dans : Textes philosophiques - Communauté : Philosophie de la non-violence
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Samedi 28 février 2009 6 28 /02 /2009 01:26

Textes philosophiques

l'homme coupé de la nature devient un tueur, Krishnamurti

  "Si l'on perd le contact avec la nature, on perd le contact avec l'humanité. Coupé de tout rapport avec la nature, on devient un tueur. On peut alors massacrer des bébés phoques, des baleines, des dauphins et des hommes, pour le profit, le "sport", pour sa nourriture ou au nom de la science. La nature se sent alors menacée par vous et vous prive de sa beauté. Vous pourrez effectuer de longues promenades dans les bois ou camper dans des endroits merveilleux, vous resterez un tueur et tout rapport d'amitié avec ces lieux vous sera refusé. Vous n'êtes probablement proche de rien ni de quiconque, qu'il s'agisse de votre femme ou de votre mari. Vous êtes bien trop occupé, pris dans la course des profits et des pertes et dans le cycle de votre propre pensée, de vos plaisirs et de vos douleurs. Vous vivez dans les ténèbres de votre propre isolement et vouloir le fuir vous plonge dans des ténèbres encore plus profondes. Vous ne vous préoccupez que d'une survie à court terme, irréfléchie, que vous soyez accommodant ou violent. Et des milliers d'êtres meurent de faim ou sont massacrés à cause de votre irresponsabilité. Vous abandonnez la marche de ce monde aux politiciens corrompus et menteurs, aux intellectuels, aux spécialistes. Etant vous -mêmes dépourvu d'intégrité, vous édifiez une société immorale, malhonnête, qui repose sur l'égoïsme absolu. Et quand vous tentez de fuir cet univers dont vous êtes seul responsable, c'est pour aller sur les plages, dans les bois ou faire du "sport" avec un fusil. Il est possible que vous sachiez tout cela, mais cette connaissance ne peut nullement vous transformer. Ce n'est qu'en éprouvant le sentiment de faire partie intégrante du tout que vous serez relié à l'univers.".

Par Samia Nasr - Publié dans : Textes philosophiques - Communauté : Philosophie de la non-violence
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Samedi 28 février 2009 6 28 /02 /2009 01:20

Textes philosophiques

    le contrat naturel, Champ Flammarion, Michel Serres 

    

"Retour donc à la nature! Cela signifie: au contrat exclusivement social ajouter la passation d'un contrat naturel de symbiose et de réciprocité où notre rapport aux choses laisserait maîtrise et possession pour l'écoute admirative, la réciprocité, la contemplation et le respect, où la connaissance ne supposerait plus la propriété ni l'action la maîtrise, ni celle-ci leurs résultats ou conditions stercoraires. Contrat d'armistice dans la guerre objective, contrat de symbiose : le symbiote admet le droit de l'hôte, alors que le parasite - notre statut actuel condamne à mort celui qu'il pille et qu'il habite sans prendre conscience qu'à terme il se condamne lui-même à disparaître.

     Le parasite prend tout et ne donne rien; l'hôte donne tout et ne prend rien. Le droit de maîtrise et de propriété se réduit au parasitisme. Au contraire, le doit de symbiose se définit par la responsabilité: autant la nature donne à l'homme, autant celui-ci doit rendre à celle-là, devenue sujet de droit.

     Que rendons-nous, par exemple, aux objets de notre science, à qui nous prenons la connaissance? Alors que le cultivateur, autrefois, rendait en beauté, par son entretien, ce qu'il devait à la terre, à qui son travail arrachait quelques fruits. Que devons-nous rendre au monde? Qu'écrire dans le programme des restitutions?"

Par Samia Nasr - Publié dans : Textes philosophiques - Communauté : Philosophie de la non-violence
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La passion des fleurs


La passion des fleurs

Créée le 21/05/09 par samiayann

L’île des fleurs

Sur l’île des fleurs,

Tout éveille nos sens,
Emplit nos têtes de couleurs,
Invitant nos corps à la danse,


Un oasis de fleurs,
De belles corolles épanouies,
Exhalant les senteurs,
Ravissant nos jours et nuits,

Soyez bienvenues mes amis
Dans l’île des belles déesses,
Soyez aimés et bénis
Par les lumineuses intelligences !
 


©Samia Nasr


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