Poèmes mystiques, Jalâl al-Dîn Rûmi& Hallaj...

Mardi 17 mars 2009 2 17 /03 /2009 12:39


Ivresse mystique

 

Nous avons bu, à la mémoire du Bien aimé,

Un vin qui nous a enivrés avant la création de la vigne.

C’est une limpidité et ce n’est pas de l’eau ;

C’est une fluidité et ce n’est pas de l’air :

C’est une lumière sans feu et un esprit sans corps.

Si tu t’enivres de ce vin, fût-ce la durée d’une heure,

Le temps sera ton esclave et tu auras la puissance.

Il n’a pas vécu ici-bas celui qui a vécu sans ivresse…

 

Par Omar Ibn al-Fâridh (XIIIe siècle)


PS: Dans ce poème l'ivresse et le vin sont chantés dans un sens mystique seulement,

car le seul "vin" autorisé en Islam est celui du Paradis. Assurément, des poètes comme Ibn al-Fâridh ont chanté l'ivresse mysitque.

Par Samia Nasr - Publié dans : Poèmes mystiques, Jalâl al-Dîn Rûmi& Hallaj... - Communauté : Île des Poètes Immortelles
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Dimanche 15 mars 2009 7 15 /03 /2009 20:47

Le Trésor de tous les noms

 

La vague, la bulle, l’eau et la mer,

Ne sont qu’une même chose à nos yeux.

Nous sommes l’eau, la bulle, la vague,

Seule la mer connaît notre réalité.

Vois, grâce à la certitude, qu’ils sont identiques

La goutte, le ruisseau, le torrent, la mer.

 

Nous sommes le Trésor de tous les Noms,

Nous sommes la Lumière de toutes les choses.

Immergés dans l’Océan, nous cherchons de l’eau,

Alors que nous sommes la goutte et la vague, le ruisseau et la mer.

 

L’eau et le verre reflètent notre réalité et notre forme,

Quel est celui qui possède le secret de cette coupe et de ce vin ?

Nous sommes issus de la mer et la mer nous reflète,

La vague que nous sommes est notre propre voile.

 

L’eau est notre source et notre miroir,

Point de dualité entre nous et la mer ;

Le monde, d’un bout à l’autre, n’est qu’un mirage,

Mais regarde bien, ce mirage n’est autre que nous.

 

Sois attentif et regarde par mon œil,

Et tu verras notre réalité identique à la Réalité.

Dans tous les miroirs il n’y a qu’un seul Reflet,

Contemple ce Reflet et chasse le doute.

Regarde la goutte, le ruisseau, la vague,

Cherche ensuite la mer et reconnais ton identité dans toute eau.

Fais-toi une coupe faite de vin et remplie de vin,

Oui, l’eau et le verre d’eau sont identiques.

 

Je t’expose le secret de l’Unicité,

Un seul Être et des reflets infinis.

 

 Extrait de Lieux d’Islam, cultes et cultures de l’Afrique à Java

Par Mohammad Ali Amir-Moezzi)

Par Samia Nasr - Publié dans : Poèmes mystiques, Jalâl al-Dîn Rûmi& Hallaj... - Communauté : Philosophie de la non-violence
Ecrire un commentaire - Voir les 11 commentaires - Recommander
Vendredi 13 mars 2009 5 13 /03 /2009 18:29


La principale vocation de Djalâl ud-Dîn Rûmî fut d’appeler les hommes à l’amour de Dieu, la mahabba, et de réchauffer leur ferveur, ses œuvres en particulier le «  Mathnavi » qui compte (quarante-cinq mille vers), font de lui l’un des plus grands poètes mystiques de tous les temps, et n’ont pas cessé d’inspirer la pièté musulmane et de guider les âmes désiereuses d’approfondir et d’intérioriser leur foi. Rûmî est aussi le promoteur du concert spirituel – le ‘samâ’ – et de cette danse sacrée qui caractérise l’ordre qu’il a fondé : « Plusieurs chemins mènent à Dieu, dira-t-il, j’ai celui de la danse et de la musique ».

 

Le samâ de Djalâl ud-Dîn Rûmî

 

« ‘Le samâ’ est la paix pour l’âme des vivants,

Celui qui sait  cela possède la paix de l’âme.

Celui qui désire qu’on l’éveille,

C’est celui qui dormait au sein du jardin.

Mais pour celui dort dans la prison,

Être éveille n’est pour lui que dommage.

Assiste au samâ’ là où se célèbre une noce,

Non pas lors d’un deuil, en un lieu de lamentation.

Celui qui ne connaît pas sa propre essence

Celui aux yeux de qui est cachée cette beauté pareille à la lune,

Une telle personne qu’a-t-elle à faire du samâ’ et du tambour de basque ?

Le samâ’ est fait pour l’union avec le Bien Aimé.

Ceux qui ont le visage tourné vers la Qibla,

Pour eux, c’est le samâ’ de ce monde et de l’autre.

Et plus encore ce cercle de danseurs dans le samâ’

Qui tournent et ont au milieu d’eux leur propre Ka’ba ».

 

Par Samia Nasr - Publié dans : Poèmes mystiques, Jalâl al-Dîn Rûmi& Hallaj... - Communauté : Île des Poètes Immortelles
Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires - Recommander
Jeudi 12 mars 2009 4 12 /03 /2009 21:27

 

 « Le Chant du soleil » de Djalâl ud-Dîn Rûmî


Dans le cœur des amants qui boivent la lie, brûlent les désirs ardents.

Dans le for intérieur des sages au cœur sombre, il y a des réfutations.

 

La raison dit: "Ne pose pas ici le pied, car dans l'anéantissement, il n'y a que des épines."

L'amour répond à la raison: "C'est en toi-même que se trouvent les épines."

 

Oh! Reste silencieux, arrache l'épine de l'existence de ton cœur,

Afin de découvrir dans ta propre âme des roseraies,

 

Ô Sham Tabrîzî! Tu es le soleil caché dans les nuages des lettres.

Quand ton soleil s'est levé, se sont effacées les paroles.

 

Je suis devenu comme une prière par tant de prières que j'ai faites;

Quiconque voit mon visage me demande de prier pour lui.

 

Mais à tes yeux, j'ai la couleur des impies,

Car tes yeux qui tuent sans merci quand ils me voient cherchent la guerre.

 

Si la séparation d'avec toi me tue, je lui pardonne:

Quel prix du sang peut réclamer à celui qui le tue

 

Le captif mis à mort dans la guerre sainte?

Je t'ai salué, je t'ai prêté un serment d'allégeance, Tu m'as dit: "Comment es-tu?"

 

Je suis dans l'état du pauvre cuivre qui appelle la pierre philosophale.

Le portrait est tel que l'a fait le peintre;

 

Le corps blessé est tel qu'il réclame le remède.

Que tes paroles ne soient pas comme l'ombre devant le soleil!

 

Les poussière s'enfuient de l'ombre et cherchent un rayon de lumière.

Oh! la générosité et la bienfaisance de Shams de Tabrîz!

 

Le soleil de la voûte azurée lu réclame un don.

Celui à qui s'est dévoilé le mystère de l'amour,

 

Celui-là n'est plus, car il s'est effacé dans l'amour.

Place devant le soleil la chandelle ardente

 

Et vois comme son éclat disparaît devant ces lumières:

La chandelle n'existe plus, la chandelle s'est transmuée en lumière.

 

Il n'y a plus de signes d'elle, elle-même est devenue signe.

Il ne va de même pour du feu corporel dans la lumière de l'esprit:

 

Il ne reste pas feu, il devient cette flamme.

Le ruisseau court à la recherche de l'océan;

 

Il se perd quand il s'est noyé dans l'océan.

Tant que la recherche existe, le cherché n'est pas connu;

 

Quand l'objet de la recherche est atteint, cette recherche devient vaine.

Donc, tant que la recherche existe, cette quête est imparfaite.

 

Quant la recherche n'est plus, elle acquiert alors la suprématie.

Tout être sans amour qui cherche un turban

 

Est dépourvu de tête ne sont alors pour lui qu'une épine.

Comme moi, il est devenu, dans la passion qu'inspire Shams-od-Dîn,

Celui qui dans son cœur recèle tous ces secrets.

 

 

« Le Chant du soleil » de Rûmî,

 

Eva de Vitray-Meyerovitch, spécialiste de l'Islam et traductrice de Rûmî, ouvre les portes de cet enseignement de soufisme du grand poète mystique de L’Islam Djalâl-od-Dîn-Rûmî (1207-1273). Son œuvre exprime l'essence même du soufisme et est tout entière consacrée à la "nostalgie du divin", à la célébration d'un amour "terrestre en apparence", mais "qui est en réalité une hypostase de l'amour divin". Elle en acquiert une portée universelle.

 

.

Par Samia Nasr - Publié dans : Poèmes mystiques, Jalâl al-Dîn Rûmi& Hallaj... - Communauté : Île des Poètes Immortelles
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Jeudi 12 mars 2009 4 12 /03 /2009 14:25

Parabole de l'éléphant

 

Différend au sujet de sa description et de sa forme.

Des Indous avaient amené un éléphant; ils l'exhibèrent dans une maison obscure.

Plusieurs personnes entrèrent, une par une, dans le noir, afin de le voir.

Ne pouvant le voir des yeux, ils le tâtèrent de la main.

L'un posa la main sur sa trompe; il dit : « Cette créature est telle un tuyau d'eau. »

L'autre lui toucha l'oreille : elle lui apparut semblable à un éventail.

Lui ayant saisi la jambe, un autre déclara : « L'éléphant a forme de pilier. »

Après lui avoir posé la main sur le dos, un autre dit : « En vérité, cet éléphant est comme un trône. »

De même, chaque fois que quelqu'un entendait une description de l'éléphant, il la comprenait d'après la partie qu'il avait touchée.

Leurs affirmations variaient selon ce qu'ils avaient perçu l'un l'appelait dal, l'autre alîf.

Si chacun d'eux avait été muni d'une chandelle, leurs paroles n'auraient pas différé.

L'œil de la perception est aussi limité que la paume de la main qui ne pouvait cerner la totalité (de l'éléphant).

L'œil de la mer est une chose, l'écume en est une autre; délaisse l'écume et regarde avec l'œil de la mer.

Jour et nuit, provenant de la mer, se meuvent les flocons d'écume; tu vois l'écume, non la mer. Que c'est étrange! Nous nous heurtons les uns contre les autres comme des barques; nos yeux sont aveuglés; l'eau est pourtant claire. O toi qui t'es endormi dans le bateau du corps, tu as vu l'eau; contemple l'Eau de l'eau.

L'eau a une Eau qui la pousse, l'esprit un Esprit qui l'appelle               

 

Djalâl ud-Dîn Rûmî

 

Par Samia Nasr - Publié dans : Poèmes mystiques, Jalâl al-Dîn Rûmi& Hallaj... - Communauté : Philosophie de la non-violence
Ecrire un commentaire - Voir les 9 commentaires - Recommander

Bienvenue sur l'île des poètes















       Pour m'écrire    
 samiamax2@yahoo.fr.

Amitié virtuelle

 
         Cette jolie Aquarelle est
Cadeau de mon
Amie Marie-Luce ,  link



Cadeau de mon Amie Sylvie, link
Cadeau de mon amie Sylvie, elle est géniale
 et je l'aime. Voici son lien de son blog, link
où tant de belles et délicieuses découvertes
 sur sa poèsie et son grand coeur.

  

             Cadeau de mon Claire,Link

   Cadeau de mon Amie Marie-Luce ,  link


Profil

  • : Fathia Nasr
  • ile-des-poetes
  • : Femme
  • : Maroc
  • : cinéma Art nature Humour Culture
  • : J'aime l'art sous toutes ses formes, littérature, peinture, 7ème art, théâtre, sculpture, photographie, les voyages. Je déteste la lâcheté, les faux amis et la bassesse. Mes mots clef sont: "Passion et Amitié".

Présentation

La passion des fleurs


La passion des fleurs

Créée le 21/05/09 par samiayann

L’île des fleurs

Sur l’île des fleurs,

Tout éveille nos sens,
Emplit nos têtes de couleurs,
Invitant nos corps à la danse,


Un oasis de fleurs,
De belles corolles épanouies,
Exhalant les senteurs,
Ravissant nos jours et nuits,

Soyez bienvenues mes amis
Dans l’île des belles déesses,
Soyez aimés et bénis
Par les lumineuses intelligences !
 


©Samia Nasr


Rejoindre cette communauté

MUSIQUE & Poèmes

Recherche

Créer un Blog

Catégories

Blogs à découvrir

Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés