Poèmes célèbres d'Amour

Mercredi 21 octobre 2009 3 21 /10 /2009 17:34


Charles-Marie LECONTE DE LISLE   (1818-1894)

 

 

Vénus de Milo

 

Marbre sacré, vêtu de force et de génie,

Déesse irrésistible au port victorieux,

Pure comme un éclair et comme une harmonie,

O Vénus, ô beauté, blanche mère des Dieux !

 

Tu n'es pas Aphrodite, au bercement de l'onde,

Sur ta conque d'azur posant un pied neigeux,

Tandis qu'autour de toi, vision rose et blonde,

Volent les Rires d'or avec l'essaim des Jeux.

 

Tu n'es pas Kythérée, en ta pose assouplie,

Parfumant de baisers l'Adonis bienheureux,

Et n'ayant pour témoins sur le rameau qui plie

Que colombes d'albâtre et ramiers amoureux.

 

Et tu n'es pas la Muse aux lèvres éloquentes,

La pudique Vénus, ni la molle Astarté

Qui, le front couronné de roses et d'acanthes,

Sur un lit de lotos se meurt de volupté.

 

Non ! les Rires, les Jeux, les Grâces enlacées,

Rougissantes d'amour, ne t'accompagnent pas.

Ton cortège est formé d'étoiles cadencées,

Et les globes en choeur s'enchaînent sur tes pas.

 

Du bonheur impassible ô symbole adorable,

Calme comme la Mer en sa sérénité,

Nul sanglot n'a brisé ton sein inaltérable,

Jamais les pleurs humains n'ont terni ta beauté.

 

Salut ! A ton aspect le coeur se précipite.

Un flot marmoréen inonde tes pieds blancs ;

Tu marches, fière et nue, et le monde palpite,

Et le monde est à toi, Déesse aux larges flancs !

 

Iles, séjour des Dieux ! Hellas, mère sacrée !

Oh ! que ne suis-je né dans le saint Archipel,

Aux siècles glorieux où la Terre inspirée

Voyait le Ciel descendre à son premier appel !

 

Si mon berceau, flottant sur la Thétis antique,

Ne fut point caressé de son tiède cristal ;

Si je n'ai point prié sous le fronton attique,

Beauté victorieuse, à ton autel natal ;

 

Allume dans mon sein la sublime étincelle,

N'enferme point ma gloire au tombeau soucieux ;

Et fais que ma pensée en rythmes d'or ruisselle,

Comme un divin métal au moule harmonieux.

 

Charles-Marie LECONTE DE LISLE   (1818-1894)


 

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Mercredi 11 février 2009 3 11 /02 /2009 17:51

Le tendre et dangereux visage de l'amour

 

Le tendre et dangereux visage de l'amour

m'est apparu un soir après un trop long jour

C'était peut-être un archer

avec son arc

ou bien un musicien

avec sa harpe

Je ne sais plus

Je ne sais rien

Tout ce que je sais

c'est qu'il m'a blessée

peut-être avec une flèche

peut-être avec une chanson

Tout ce que je sais

c'est qu'il m'a blessée

blessée au coeur et pour toujours

Brûlante trop brûlante blessure de l'amour.

 

Jacques Prévert


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Mercredi 11 février 2009 3 11 /02 /2009 02:58

Le lac

 

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,

Dans la nuit éternelle emportés sans retour,

Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges

Jeter l'ancre un seul jour ?

O lac! l'année à peine a fini sa carrière,

Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,

Regarde! je viens seul m'asseoir sur cette pierre

Où tu la vis s'asseoir!

 

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes ;

Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés ;

Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes

Sur ses pieds adorés.

 

Un soir, t'en souvient- il ? nous voguions en silence,

On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,

Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence

Tes flots harmonieux.

 

Tout à coup des accents inconnus à la terre

Du rivage charmé frappèrent les échos ;

Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère

Laissa tomber ces mots :

 

" O temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices

Suspendez votre cours !

Laissez-nous savourer les rapides délices

Des plus beaux de nos jours !

 

" Assez de malheureux ici-bas vous implorent :

Coulez, coulez pour eux ;

Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;

Oubliez les heureux.

 

" Mais je demande en vain quelques moments encor

Le temps m'échappe et fuit ;

Je dis à cette nuit : " Sois plus lente "; et l'aurore

Va dissiper la nuit.

 

" Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,

Hâtons-nous, jouissons !

L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive

Il coule, et nous passons ! "

 

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse.,

Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,

S'envolent loin de nous de la même vitesse

Que les jours de malheur ?

 

Hé quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?

Quoi ? passés pour jamais ? quoi! tout entiers perdus ?

Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,

Ne nous les rendra plus ?

 

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,

Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?

Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes

Que vous nous ravissez?

 

O lac! Rochers muets ! Grottes! Forêt obscure !

Vous que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,

Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,

Au moins le souvenir !

 

Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,

Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,

Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages

Qui pendent sur tes eaux !

 

Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,

Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,

Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface

De ses molles clartés!

 

Que le vent qui gémit le roseau qui soupire

Que les parfums légers de ton air embaumé,

Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,

 

Tout dise : " Ils ont aimé ! "

 

Alphonse de Lamartine (1790 - 1869)

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Mercredi 11 février 2009 3 11 /02 /2009 02:29

Le nom.

 

 (PAR Sully PRUDHOMME)

 

Chacun donne à celle qu’il aime
les plus beaux noms et les plus doux ;
pour moi, c’est ton nom de baptême
que je préfère encore à tous.
Simple et tendre à dire, il me semble
pour te désigner le seul bon,
et toutes les douceurs ensemble,
je te les murmure en ce nom.
La mélodie en est divine ;
tu sais le contrecoup soudain
qu’on sent au creux de la poitrine
quand la main rencontre la main ;
hé bien ! Je sens, quand il résonne
au milieu d’un monde étranger,
comme au toucher de ta personne,
cet étouffement passager.
Toute autre femme qui le signe
l' usurpe à mes yeux, et pourtant,
si peu qu' elle m' en semble digne,
elle m' attire en le portant ;
pour moi ton image s' y lie
et prête son reflet trompeur
à ton homonyme embellie ;
je crois l' aimer, mais sois sans peur :
je ne pourrais t' être infidèle
avec des femmes de ce nom,
car ta grâce en mon coeur s' y mêle,
grâce inséparable d' un son ;
et quel autre nom de maîtresse
effacerait ce mot vivant
dont la musique enchanteresse
me fait redevenir enfant ?
Comme les passereaux accourent
à l’appel câlin du charmeur,
à ce nom bien-aimé m’entourent
mes premiers rêves de bonheur ;
et dans l’âge où l’amour se sèvre,
en deuil des printemps révolus,
j’aurai sa caresse à la lèvre
quand les baisers n' y seront plus.

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Vendredi 6 février 2009 5 06 /02 /2009 14:33

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Mon rêve familier

 

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.
Car elle me comprend, et mon cœur transparent
Pour elle seule, hélas! Cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.
Est-elle brune, blonde ou rousse? Je l'ignore.
Son nom? Je me souviens qu'il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la vie exila.
Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.

 

Paul Verlaine

 

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  • : J'aime l'art sous toutes ses formes, littérature, peinture, 7ème art, théâtre, sculpture, photographie, les voyages. Je déteste la lâcheté, les faux amis et la bassesse. Mes mots clef sont: "Passion et Amitié".

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La passion des fleurs


La passion des fleurs

Créée le 21/05/09 par samiayann

L’île des fleurs

Sur l’île des fleurs,

Tout éveille nos sens,
Emplit nos têtes de couleurs,
Invitant nos corps à la danse,


Un oasis de fleurs,
De belles corolles épanouies,
Exhalant les senteurs,
Ravissant nos jours et nuits,

Soyez bienvenues mes amis
Dans l’île des belles déesses,
Soyez aimés et bénis
Par les lumineuses intelligences !
 


©Samia Nasr


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