Le
livre des processions / Khalil
Gibran
Chant 6
Le droit appartient à la volonté,
Et les esprits forts règnent,
Qu’ils viennent à s’affaiblir,
Heurts et malheurs s’installent.
La tanière des lions
A l’odeur dont les renards
Jamais ne s’approchent,
Que les lions y soient ou pas.
Chez les étourneaux il y a la lâcheté,
Même dans la plénitude de leurs vols,
Et les faucons restent fiers,
Même à l’agonie.
Que les hommes l’acceptent ou le nient,
La force de l’esprit est vérité
Que la force du bras ne peut nier,
Et si tu vois un jour un faible régner,
Ce sera sur ceux-là,
Qui, confrontés à leurs semblables,
Les fuient.
Dans les forêts
Point de volontaires,
Ni de faibles
Non plus,
Et quand les lions rugissent,
Les forêts ne disent pas : « Voici l’épouvantable ! »
La volonté des hommes est ombre
Qui plane dans l’espace de la pensée,
Et les droits des hommes se fanent
Comme feuilles d’automne.
Donne-moi le nay et chante !
Le chant est force d’âme
Et la plainte du nay demeure
Après l’extinction des soleils.
Explication du mot Nay : Flûte rustique arabe

Pour m'écrire
L’île des fleurs
Sur l’île des
fleurs,
Tout éveille nos
sens,
Emplit nos têtes de couleurs,
Invitant nos corps à la danse,
Un oasis de fleurs,
De belles corolles épanouies,
Exhalant les senteurs,
Ravissant nos jours et nuits,
Soyez bienvenues mes amis
Dans l’île des belles déesses,
Soyez aimés et bénis
Par les lumineuses intelligences !
©Samia Nasr

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