Exils
En 1981, en exil à Beyrouth, j'ai créé la revue «Al-Karmel», à la fois ouverte sur la littérature et la poésie palestiniennes et les littératures du monde. On m'a bien sûr reproché de ne pas uniquement célébrer la littérature de mon peuple. Chaque fois, je réponds que toute littérature qui défend une cause noble et juste tout en renouvelant la forme enrichit la littérature palestinienne. La Palestine a pour moi un sens beaucoup plus large que les Palestiniens veulent bien lui accorder: un sens universel. Aujourd'hui, la revue est installée à Ramallah et à Amman. Nous nous intéressons de plus en plus à ce qui se passe sur le plan culturel et intellectuel en Israël. Débattre avec l'autre, le connaître, c'est la ligne de la revue.
J'ai consacré quelques poèmes à des villes de mon exil: Beyrouth, Damas, Tunis. Le thème central de ce recueil, c'est le retour au pays, en Palestine. Je médite sur deux notions: le chemin et la maison. Avant mon retour, je pensais que la maison était plus belle, plus désirable que le chemin. Aujourd'hui, je trouve que le chemin est plus beau que la maison. Dans ce voyage de l'exil, j'ai salué les villes qui m'ont accueilli et m'ont marqué.

Pour m'écrire
L’île des fleurs
Sur l’île des
fleurs,
Tout éveille nos
sens,
Emplit nos têtes de couleurs,
Invitant nos corps à la danse,
Un oasis de fleurs,
De belles corolles épanouies,
Exhalant les senteurs,
Ravissant nos jours et nuits,
Soyez bienvenues mes amis
Dans l’île des belles déesses,
Soyez aimés et bénis
Par les lumineuses intelligences !
©Samia Nasr
