Poèmes Mahmoud Darwich

Mercredi 7 janvier 2009 3 07 /01 /2009 17:30

L’ÉTERNITÉ DU FIGUIER DE BARBARIE

 

- Où me mènes-tu père ?

- En direction du vent, mon enfant

 

A la sortie de la plaine où les soldats de Bonaparte édifièrent une butte

Pour épier les ombres sur les vieux remparts de Saint-Jean-D’Acre

Un père dit à son fils : N’aie pas peur

N’aie pas peur du sifflement des balles

Adhère à la tourbe et tu seras sauf. Nous survivrons

Gravirons une montagne au nord, et rentrerons

Lorsque les soldats reviendront à leurs parents au lointain

 

- Qui habitera notre maison après nous, père ?

- Elle restera telle que nous l’avons laissée mon enfant

 

Il palpa sa clé comme s’il palpait ses membres et s’apaisa

Franchissant une barrière de ronces, il dit

Souviens-toi mon fils. Ici, les Anglais crucifièrent ton père deux nuits durant sur les épines d’un figuier de Barbarie

Mais jamais ton père n’avoua. Tu grandiras

Et raconteras à ceux qui hériteront des fusils

Le dit du sang versé sur le fer

 

- Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ?

- Que la maison reste animée, mon enfant. Car les maisons meurent quand partent leurs habitants

 

L’éternité ouvre ses portes de loin aux passants de la nuit

Les loups des landes aboient à une lune apeurée

Et un père dit à son fils

Sois fort comme ton grand-père

Grimpe à mes côtés la dernière colline des chênes

Et souviens-toi. Ici le janissaire est tombé de sa mule de guerre

Tiens bon avec moi et nous reviendrons chez nous

 

- Quand donc, mon père ?

- Dans un jour ou deux, mon fils

 

Derrière eux, un lendemain étourdi mâchait le vent dans les longues nuits hivernales

Et les hommes de Josué bin Noun édifiaient leur citadelle

Des pierres de leur maison

Haletants sur la route du Cana, il dit : Ici

Passa un jour Notre Seigneur. Ici

Il changea l’eau en vin puis parla longuement de l’amour

Souviens-toi des châteaux croisés

Anéantis par l’herbe d’avril, après le départ des soldats

 

 

Par Samia Nasr - Publié dans : Poèmes Mahmoud Darwich - Communauté : Île des Poètes Immortelles
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Lundi 5 janvier 2009 1 05 /01 /2009 18:04

Nous aimons la vie autant que possible


Et nous, nous aimons la vie autant que possible

Nous dansons entre deux martyrs.

Entre eux, nous érigeons pour les violettes un minaret ou des palmiers

Nous aimons la vie autant que possible

Nous volons un fil au ver à soie pour tisser notre ciel clôturer cet exode

Nous ouvrons la porte du jardin pour que le jasmin inonde les routes comme une belle journée

Nous aimons la vie autant que possible

Là où nous résidons, nous semons des plantes luxuriantes et nous récoltons des tués

Nous soufflons dans la flûte la couleur du lointain, lointain, et nous dessinons un hennissement sur la poussière du passage

Nous écrivons nos noms pierre par pierre.

Ô éclair, éclaire pour la nuit, éclaire un peu

Nous aimons la vie autant que possible.


Par MAHMOUD DARWICH

Par Samia Nasr - Publié dans : Poèmes Mahmoud Darwich - Communauté : Île des Poètes Immortelles
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Lundi 29 décembre 2008 1 29 /12 /2008 20:19

Ce poème, écrit par Mahmoud Darwich en 1964, est devenu comme un refrain magique enflammant les coeurs et déchaînant les sentiments de fierté et d'enthousiasme des Palestiniens.

Incarcéré à l’age de 22 ans pour poésie trop nationaliste, il rédige ce poème suite à l’interrogatoire d’identité à la prison de St Jean d'Acre.

 

Ce célèbre poème, est devenu comme un refrain magique enflammant les cœurs et déchaînant les sentiments de fierté et d'enthousiasme des Palestiniens.

 

Mahmoud DARWICH est souvent interpellé, lors de ses récitals, par un public qui le lui réclame et voit en lui plus un prophète qu'un poète tout simplement... Mais à chaque fois, il refuse, préférant lire ses nouveaux poèmes.

 

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Je suis Arabe

Le numéro de ma carte : cinquante mille

Nombre d'enfants : huit

Et le neuvième... arrivera après l'été !

Et te voilà furieux !

 

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Je suis Arabe

Je travaille à la carrière avec mes compagnons de peine

Et j'ai huit bambins

Leur galette de pain

Les vêtements, leur cahier d'écolier

Je les tire des rochers...

Oh ! je n'irai pas quémander l'aumône à ta porte

Je ne me fais pas tout petit au porche de ton palais

Et te voilà furieux !

 

Inscris !

Je suis Arabe

Sans nom de famille - je suis mon prénom

« Patient infiniment » dans un pays où tous

Vivent sur les braises de la Colère

Mes racines...

Avant la naissance du temps elles prirent pied

Avant l'effusion de la durée

Avant le cyprès et l'olivier

...avant l'éclosion de l'herbe

Mon père... est d'une famille de laboureurs

N'a rien avec messieurs les notables

Mon grand-père était paysan - être

Sans valeur - ni ascendance.

Ma maison, une hutte de gardien

En troncs et en roseaux

Voilà qui je suis - cela te plaît-il ?

Sans nom de famille, je ne suis que mon prénom.

 

Inscris !

Je suis Arabe

Mes cheveux... couleur du charbon

Mes yeux... couleur de café

Signes particuliers :

Sur la tête un kefiyyé avec son cordon bien serré

Et ma paume est dure comme une pierre

...elle écorche celui qui la serre

La nourriture que je préfère c'est

L'huile d'olive et le thym

 

Mon adresse :

Je suis d'un village isolé...

Où les rues n'ont plus de noms

Et tous les hommes... à la carrière comme au champ

Aiment bien le communisme

Inscris !

Je suis Arabe

Et te voilà furieux !

 

Inscris

Que je suis Arabe

Que tu as raflé les vignes de mes pères

Et la terre que je cultivais

Moi et mes enfants ensemble

Tu nous as tout pris hormis

Pour la survie de mes petits-fils

Les rochers que voici

Mais votre gouvernement va les saisir aussi

...à ce que l'on dit !

 

DONC

 

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En tête du premier feuillet

Que je n'ai pas de haine pour les hommes

Que je n'assaille personne mais que

Si j'ai faim

Je mange la chair de mon Usurpateur

Gare ! Gare ! Gare

À ma fureur

Par Samia Nasr - Publié dans : Poèmes Mahmoud Darwich - Communauté : Île des Poètes Immortelles
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La passion des fleurs


La passion des fleurs

Créée le 21/05/09 par samiayann

L’île des fleurs

Sur l’île des fleurs,

Tout éveille nos sens,
Emplit nos têtes de couleurs,
Invitant nos corps à la danse,


Un oasis de fleurs,
De belles corolles épanouies,
Exhalant les senteurs,
Ravissant nos jours et nuits,

Soyez bienvenues mes amis
Dans l’île des belles déesses,
Soyez aimés et bénis
Par les lumineuses intelligences !
 


©Samia Nasr


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